Tribune libre d'un Jeune Royaliste

Tribune libreL’Europe s’enfonce dans la crise, les Etats s’effondrent les uns après les autres comme des châteaux de cartes. Hier la Grèce, aujourd’hui l’Italie, demain la France ? La Question est plus que jamais d’actualité, alors que l’écart entre notre économie et celle de l’Allemagne se creuse, et que nous ne pesons plus que un sixième du PIB des Etats-Unis, contre  un quart à un cinquième il y a encore 20 à 30 ans. Relativement à ces pays, la France s’appauvrit, nourrie par une gabegie permanente, et le jeu des promesses électorales qui n’a d’autre but que d’appâter le chaland, c’est-à-dire vous, cher lecteur. Il est en effet très doux de se laisser verser des potions mielleuses dans l’oreille, de se laisser susurrer suavement des lendemains qui chantent, une fonction publique au petit soin et pléthorique, une redistribution des richesses… Comme si demain Robin des Bois se présentait aux élections présidentielles en prétendant appliquer les méthodes de la forêt de Sherwood à tout un pays.

 Les conséquences, les voici devant vous : aucun gouvernement depuis 1968 n’a cherché à voir plus loin que 5 à 7 ans plus loin que le bout de son nez, trop anxieux de sa réélection, hypothéquant dès lors son courage politique contre la facilité d’ouvrir le robinet des finances publiques. Ce sont d’abord nous, les jeunes qui en pâtissons. Que nous reste-t-il des fruits de la croissance des trente glorieuses ? Que nous reste-t-il comme perspective si ce n’est à notre tour, l’anxiété, et le désarroi ? Que nous reste-t-il, à part payer les dettes que nos parents ont placés sur nos têtes avant même notre naissance, se baignant dans des rivières d’argent public, nous laissant à nous, le caniveau ? C’était bien beau de jouer les cigales, de ne penser qu’à soi, et au mieux, à ses amis, mais c’est à nous de payer les dividendes. Auraient-ils oublié Aristote « la totalité est plus que la somme des parties » ? Or nous voici sous la dictature des parties, ou plutôt des partis.

 Ils ont hypothéqué la nation, le bien commun, en distribuant à chacun ce qui appartenait à tous, ils ont nié nos racines, nos espoirs. La République est à bout de souffle, on replâtre les failles du système à coup de milliards, on se cramponne au pouvoir, comme une tique au chien mourant. C’est la vrai leçon de cette crise : nous ne maîtrisons plus rien, nos institutions se perdent aujourd’hui dans une campagne électorale vide et creuse alors que le chômage augmente, et que nous sommes réduits au rang de « voix ». Oui, vous êtes une voix, j’en suis une, et c’est tout ce qu’il leur reste  à prendre puisqu’ils ont déjà votre portefeuille, votre liberté, et votre Histoire entre les mains.

 Ainsi, chers lecteurs, lorsque  je vous parle de Roi, je ne vous parle pas d’un individu mais d’une institution, une institution qui serait ce nœud qui nous manque, qui prendrait en main les grandes orientations de la Nation avec courage. Je ne vous parle pas de ressusciter de vieilles lunes, mais de puiser dans une tradition pour construire l’avenir.  Afin de n’être ni des déracinés, ni des passéistes, mais de nous retrouver, français, fier et heureux de l’être, au sein d’une Europe qui ni serait pas une lointaine technocratie mais une grande famille unie autour d’une culture et d’une identité… Et non par le poids des dettes. 

Antoine Surgeres